Quand le deuil se fige... : le deuil compliqué

Le deuil est un processus psychique normal en 7 étapes : la sidération, le déni, la colère, le marchandage, la dépression, l'acceptation et la reconstruction. Ces phases ont une utilité, même si elle sont parfois difficiles à accompagner pour l'entourage.

Dans le deuil compliqué la présence d'obstacles empêchent le processus de deuil. Contrairement aux réactions émotionnelles d'un deuil normal, qui diminuent graduellement avec le temps, celles d'un deuil compliqué persistent ou s'aggravent. La personne ne passe pas par les différentes phases du deuil : son état émotionnel semble bloqué à une phase. 

Le temps ne fait plus son oeuvre.


En France est enregistré plus d'un décès par minute. 20% des décès surviennent avant 65 ans. Les principales causes sont le cancer et les maladies cardio-vasculaires. Parmi les morts traumatogènes, il y a les accidents domestiques (19 000 décès par an), les suicides (10 000 décès par an), les accidents de la route (5 000 décès par an), mais aussi les ruptures d'anévrisme, les homicides, les catastrophes naturelles, et bien sûr le décès d'un enfant (le taux de mortalité infantile s'élève à 3.5 décès pour 1000 par an).

 

Quels sont les signes ?

 

Absence d'envie, détachement émotionnel, préoccupation avec le défunt, colère, amertume, culpabilité, retrait, évitement. Ces symptômes sont toujours présents et d'égale intensité 6 mois ou plus après une perte. Ces symptômes peuvent provoquer une détresse importante et ont été associés à une altération de la qualité de vie, une diminution du niveau de santé, et parfois une augmentation des taux de suicide.

 

Quels sont les facteurs de risque de présenter un deuil compliqué ?

 

Un cumul de facteurs augmente le risque de présenter un deuil compliqué : Relation fusionnelle avec le/la défunt(e), décès d'un enfant, absence de soutien social, circonstance de la mort (p.ex : mort violente, brutale, inattendue), expériences traumatiques vécues pendant l'enfance (p.ex: mauvais traitement, négligence), antécédents ou présence de troubles mentaux (p.ex: dépression, troubles anxieux, troubles de la personnalité, pertes antérieures (p.ex : deuils non résolus). 

 


Que faire ?

 

Que faire de plus ou de différent par rapport à un deuil qui se déroule normalement ? 

Dans le deuil compliqué, il n'est pas rare que les relations s'abîment, et dégénèrent en ruptures : dans le couple mais aussi avec ses enfants, son travail, sa relation à la vie. Ainsi, les proches souffrent, culpabilisent, s'énervent, s'éloignent, essayent de survivre à la perte réelle de la personne disparue plus à la perte du proche qui semble aussi disparaître à l'intérieur de son deuil...

 

Un soutien thérapeutique est plus que conseillé, pour la personne en deuil certes mais uniquement si elle en est a minima demandeuse. Un traitement médicamenteux est souvent une première étape nécessaire avant d'être accessible à une thérapie. Un rendez-vous chez le médecin traitant à deux pour évoquer la situation permet le plus souvent d'enclencher un dispositif de soin. Pour les proches, lesquels doivent faire face à une double situation de déstabilisation, un soutien thérapeutique personnel est également conseillé. Une thérapie familiale ou de couple peut également être envisagée pour trouver des adaptations respectueuses de chacun.