Le Burn-Out : repérer, aider

Le burn-out est souvent décrit en tableau évolutif de 3 niveaux signifiant une agravation progressive des troubles. Conflit, irritabilité, confusion, agacement, trouble du sommeil, de l'alimentation, de la mémoire, de la sexualité, somatisation, obsessions, sentiment de menace ou de persécution ; puis dépersonnalisation, émoussement des émotions, pseudoparalysie, idéation suicidaire.

 


Certaines professions sont plus touchées que d'autres, mais toutes sont sujettes à ce problème. Les personnes présentent généralement des caractéristiques communes tels que : rigueur, exigence dans le travail, honnêteté intellectuelle, investissement personnel dans le travail, et adoptent des comportements de forte implication produisant un sentiment de déséquilibre entre efforts et récompense. De façon générale, l'intensité ou le temps de travail, le manque ou le trop d'autonomie, les exigences émotionnelles, le manque de soutien social, les conflits de valeurs, et l'insécurité au travail sont des facteurs d'apparition de risques psycho-sociaux (RPS) pouvant conduire à des troubles et au burn-out. A noter que le burn-out peut être professionnel, ou familial. 

 

Comment réagir en première intention ?

 

Une personne en cours de burn-out ne s'en aperçoit pas : c'est comme une voiture de course sans frein... Il n'est alors pas facile de l'alerter la personne sur sa propre situation, il vaut mieux aborder le sujet à un moment où elle est disponible, premier point ; et deuxième point, aborder le sujet en valorisant la personne. Eviter toute formulation du type "je t'avertis tu vas dans le mur!" ou "t'en fais trop", "tu vois pas que ton travail devient ta vie?!" La culpabilisation, le reproche ou la morale ne sont pas de bons angles d'approche. Vous risquez une rupture totale de confiance, et vous risquez d'alimenter le sentiment d'injustice entre efforts et récompense, voire de persécution : "tous ces efforts et voilà le retour : des reproches ! " Au plus radical, vous risquez un retour d'agressivité...  Par contre commencez par valoriser pour créer le contact : "tu te donnes à fond dis-donc", "tu mènes des missions difficiles". Puis introduire progressivement des notions qui échappent souvent aux travaillomanes : par exemple la notion de temps ou de durée : "ça fait combien de temps que le rythme est si élevé ?" , ou celle d'une vie en dehors du travail (surtout si vous évoquez des loisirs que la personne affectionne) : "t'as vu le dernier film "duntel, ah non? mais tu ne vas plus au cinéma ou quoi? il est super. Je suis prêt à aller le revoir, je t'emmène ?", ou encore la notion d'équipe "ils travaillent tous autant que toi dans ton équipe ?". Vous pouvez aussi parler d'une connaissance à vous (imaginaire s'il le faut : créer un personnage pour ne pas parler frontalement de la situation) : "il y a quelqu'un dans mon boulot il mène un train d'enfer, il abat du travail, il est sur tous les fronts, mais moi quand je le regarde je me demande s'il va bien... t'as entendu parler du burn out ?"

 

Si la personne accepte l'idée que la situation lui échappe malgré ses efforts de contrôle pour tout gérer, il est possible de l'épauler en lui proposant de faire un diagnostic des facteurs de risques. Sur les sites internet spécialisés de l'INRS ou de l'ANACT, vous pouvez trouver des tests ou des articles qui permettent de faire le point sur les facteurs de risques au travail. Des propositions de solution sont parfois mentionnées.  

Si la situation vous paraît trop incertaine, n'hésitez pas à orienter la personne vers un thérapeute spécialisé ou un conseiller en santé au travail (dont vous aurez trouvé les coordonnées préalablement pour lui donner directement) : un spécialiste sera capable de conduire ce diagnostic, de faire ressortir également les facteurs de protection à ré-investir pour sa propre santé. Cette prise de conscience fait baisser l'anxiété et déculpabilise. Elle apporte lucidité et clairvoyance. Et redonne les moyens pour reprendre le vrai contrôle et mieux canaliser son énergie : non plus éteindre tous les feux comme un pompier, mais conduire un objectif choisi dans un meilleur équilibre de vie entre vie privée et vie professionnelle. 

 Si la personne refuse toute aide ou même discussion, n'hésitez pas à recourir vous-même à un soutien parce que bien souvent les proches sont en souffrance aussi. Aidé(e), vous serez plus en capacité d'aider à votre tour...


En savoir +  :

De la difficulté des médecins à traiter le burn-out : article